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L’Union européenne contre l’écologie

20/02/2017

L’Union européenne est une union technocratique supranationale qui consiste par principe à appliquer deux traités, le Traité sur l’Union européenne (TUE) et le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). La France est subordonnée à ces traités depuis que nos parlementaires les ont ratifiés (au mépris de l’opposition exprimée par les Français lors du référendum de 2005). Ils ont depuis lors valeur de loi fondamentale. Or, ces traités nous emmènent dans une direction diamétralement opposée à l’écologie. En particulier à cause de ces quatre articles du TFUE :
  • Dans l’article 32, il est question de « promouvoir les échanges commerciaux », « d’accroître la force compétitive », de « ne pas fausser les conditions de concurrence » et « d’assurer un développement rationnel de la production et une expansion de la consommation ». Cet article institue notre participation à une mondialisation devenue folle, il promeut la concurrence, partout et tout le temps, il interdit de fait tout protectionnisme écologique, et il contient cette l’idée d’une croissance de la consommation jusqu’à la nuit des temps.
  • L’article 39 dit que le premier objectif de la politique agricole est « d’accroître la productivité de l’agriculture ». Il impose l’ultra-productivisme agricole, ce qui conduit aux fermes-usines, au gigantisme agricole et, par extension de ce principe au domaine maritime, à la surpêche. Il ne faut pas croire que la ferme des mille vaches et la ferme des dix-sept mille cochons sont des exceptions ou des anomalies : ces fermes résultent au contraire de l’application littérale des traités. Les projets de fermes géantes ont d’ailleurs tendance à se multiplier.
  • L’article 63 stipule que « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux sont interdites ». Il permet la libre délocalisation, l’évasion écologique et l’évasion fiscale qui ruine nos gouvernements de façon permanente et souterraine.
  • L’article 106 dit que « les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles de concurrence ». En fait, il casse les services publics (la notion de service public n’existe pas en tant que telle dans le droit européen), y compris le service public ferroviaire et le service public de l’énergie, pourtant tous deux indispensables à un virage écologique.
Les effets concrets de ces articles sont désastreux. Ces textes sont fondamentaux car ils sont à la racine d’un grand nombre des dérives anti-écologiques que les militants combattent localement. Ces militants de terrain s’attaquent donc aux conséquences des traités européens sans le savoir.
La question d’accepter ou de refuser ces traités se pose chaque jour de façon plus aiguë, puisque tous les acteurs économiques du pays (État, entreprises, agriculteurs) sont obligés de prendre des décisions qui respectent ces traités. Ces décisions complexifient l’organisation économique, toujours dans le sens du productivisme, du gigantisme et de la haute technologie non réparable, non renouvelable et non résiliente, accroissant ainsi les problèmes que nous voulons résoudre. Ces traités encouragent une logique de concurrence entre les États qui nous oblige à aller vers l’extractivisme, le productivisme, le gigantisme agricole et industriel, sous peine d’une prétendue perte de « compétitivité ».
C’est pourquoi toute proposition politique qui se réclame de l’écologie et qui ne présente pas de plan réaliste et détaillé pour mettre fin à l’empire des traités (et de ces quatre articles en particulier) est nulle.

 

 

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